Un peu d'histoire

videLa laque, originellement, est la sève d'un arbre dit "rhus vernifera" en chine ( l'arbre chinois ressemble au frêne ) et "urushi" au Japon (l'arbre ressemble au noyer ). Elle trouve son origine en chine, ( 1er millénaire avant JC) puis fait son apparition au Japon vers le Vème siècle avant Jésus Christ.
urushi
urushi
videLe processus d'extraction de la sève préparant à la laque, le filtrage est le même . La résine laque résulte de l'exsudation de l'écorce du végétal, sève récoltée suite à la blessure de l'arbre : en effet, on entaille l'ecorce de manière très précise avec une sorte de couteau pour récupérer la résine dans une coquille, un peu à la manière de la récupération que l'on fait de la thérébinthe de nos pins ...

On verse cette résine dans des récipients, filtrée plusieurs fois puis séchée au soleil pour que l'eau s'en évapore
chine
Cette substance visqueuse est extrêmement nocive, produisant de graves irritations cutanées : elle est utilisée depuis l'époque néolithique pour vernir et protéger les objets utilitaires .

On a découvert au début du xxème siècle des fragments de laque exumés de tombes de la dynastie Shang et un magnifique coffre funéraire de la dynastie Han dont la sophistication artistique et technique est telle, qu'il est évident que la laque en Chine avait déjà une longue histoire !


La laque fut introduite à notre connaissance en europe par les portugais, premiers à prendre possession d'une enclave en chine à la fin du XVI siècle.

Suivirent les Hollandais puis les Anglais qui établir les premiers comptoirs sur les côtes "des Indes". les Hollandais surent obtenir l'exclusivité du marché chinois au début du XVII° obligeant l'Angleterre à importer les objets chinois par leur intermédiaire jusqu'à ce qu'elle puisse renouveller ses contrats avec la chine à la fin du XVII° siècle . Les français fondèrent ensuite leur propre "Compagnie des Indes Orientales" vers 1665.

C'est alors qu'avec le développement de ce marché, les négociants chinois et japonais commençèrent à produire des meubles laqués spécifiquement destinés à l'exportation, adaptant leur travail au modèle européen tout en gardant la spécificité du décor oriental.
Mais il apparait que les laques du japon aient été les plus prisés, les européens manifestant une nette préférence pour les laques noir et or, compte tenu de la vogue du mobilier en ébène en Italie, France, Allemagne, etc ...

Ainsi, les artisans européens commencèrent à chercher des moyens de concurrencer les meubles et objets orientaux car l'engouement des laques orientales ne pouvaient être satisfait par les seules importations !
La recherche de solutions techniques et artistiques pour la production de laque devint une sorte de quête du Grâal !

Comme la résine, finalement importée à la fin du XVII° siècle se révélait très toxique, on l'a étudiée puis on a trouvé un succédanné comme la gomme-laque, le vernis d'ambre, le vernis copal.
C'est donc à cette époque que les artisans européens en Italie, Hollande et Angleterre ont commençé à imiter les laque orientaux.

En France, comme il y eut au début moins de contacts directs avec d'authentiques objets orientaux qu'en Hollande ou en Angleterre, la production de mobilier laqué se développa plus lentement. Ce sont les marchands-merciers ( genre de décorateurs de nos jours) qui ayant le monopole du commerce de la laque orientale, fournissaient les panneaux de laque aux ébénistes pour créer leurs mobiliers .

C'est ainsi que les artisans français ( particulièrement les frères Martin , virtuoses de l'imitation de la laque) ont commençé à produire des laques de telle qualité qu'il devint presque impossible chez certains, de discerner des laques de chine et japonaises !

 

Les techniques

Isabelle travaille avec des colles naturelles, animales pour la plupart, des poudres de craies, d'argile pour constituer ses apprêts, des pigments de couleur, des vernis gras ou à l'alcool (ceci en fonction des objets à restaurer).

Les vernis sont en morceaux, en paillettes et sont infusés dans l'essence ou l'alcool. Elle utilise des métaux précieux (argent, or, etc.), en poudre ou en feuilles, des poudres de métaux de cuivre, de bronze.

L'atelier

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L'atelier est éclairé par une verrière, indispensable pour la vérité de la couleur et la perfection du "fini".

Les murs sont entourés de pots contenant tous les pigments, poudres, encens, colles ainsi qu'un important fond documentaire.

Les visites sont possibles sur rendez-vous